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Au Temple de la renommée
Un temple de la renommée se nourrit d'histoire et de
fierté nostalgique. C'est sans doute pourquoi la LNI aura attendu 23 ans avant
d'honorer quelques vétérans qui viendront tenir compagnie au père fondateur,
Robert Gravel, qui fut l'objet d'une intronisation posthume lors du 20e
anniversaire de la LNI en 1997. |
| Les six personnalités intronisées
cette année au Temple de la renommée de la LNI, les joueurs Gaston Lepage et Normand Brathwaite, la joueuse
Francine Ruel,
l'entraîneur Pierre-Jean Cuillerrier, l'organiste André Lacoste et l'arbitre Pierre Lavoie ont en commun d'avoir été de la toute première génération de
participants aux matchs d'impro et d'avoir accroché les patins depuis un certain
temps. |
La légende veut que Gaston
Lepage ait été le tout premier acteur à donner son accord pour
jouer à ce jeu, Robert Gravel ayant essuyé plusieurs refus lorsqu'il présenta à
la ronde son projet de joute d'improvisation théâtrale calquée sur le modèle
d'un match de hockey. Quoiqu'il en soit, cinq des six intronisés de cette année
étaient autour de la patinoire lors du tout premier match, le 21 octobre 1977, à
minuit, Normand Brathwaite ayant joint les rangs la saison suivante. Lors de ce
premier match en 1977, Francine Ruel et Gaston Lepage revêtait l'uniforme des
bleus, alors que Pierre-Jean Cuillerrier, leur entraîneur, entamait une longue
et fructueuse carrière derrière le banc. |
 Gaston Lepage a
su perdurer pendant 12 saisons en dosant ses apparitions, prenant une année
sabbatique pratiquement à tous les quatre ans; ce qui lui permettait sans doute
de ne pas s'encroûter et de garder l'étincelle. On l'a toujours vu évoluer à ce
jeu avec le sourire d'un gamin dans la ruelle et un éclair de plaisir dans les
yeux. Après une saison derrière le banc, comme coach, il revenait, au grand
bonheur de tous, terminer sa carrière sur la glace lors de la saison 95-96,
avant de succéder à Robert Gravel à la présidence du conseil
d'administration de la LNI. |
Francine Ruel, qui a à son
palmarès le fait d'avoir été la première femme à assumer le rôle de l'arbitre,
lors de la première tournée européenne de la LNI en 1981, a connu néanmoins une
carrière plus redoutable comme joueuse, paraissant aussi à l'aise dans cette
arène que sur scène ou à l'écran. Féline et sensuelle, parfois chatte qui
ronronne; autrement elle griffe. Son jeu, basé sur l'écriture et la
construction, a longtemps fait les délices des connaisseurs. |
 Normand Brathwaite a
marqué, dès sa venue en 1978 et de façon non équivoque, l'évolution de ce jeu,
par son style et sa vivacité. Même s'il s'est retiré en 1982, après seulement 5
saisons, il demeure le joueur régulier ayant conservé la meilleure moyenne en
carrière. Un record que personne n'a réussi à égaler après toutes ces
années.
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André Lacoste, derrière son orgue,
puisait son inspiration chez Claudette Auchu (organiste au Forum de Montréal à
l'époque) et chez Fernand Lapierre (qui agrémentait les joutes des Expos). Sa
prestation comme organiste des matchs d'impro fit école et on raconte même qu'il
aurait pu faire carrière au sein des organisations sportives professionnelles si
son métier de comédien n'avait accaparé tout son temps. Joueur pendant deux
saisons, il cédait alors sa place de musicien à... Normand Brathwaite, entre
autres. |
Pierre Lavoie
incarnait le portrait type de l'assistant-arbitre modèle, amoureux du jeu et de
la rigueur, et apte à relever l'arbitre en chef, au centre de la glace, au
besoin. Diplômé de l'Université de Montréal en études françaises, homme de
lettres et critique théâtral devenu depuis directeur général de l' Uneq (Union des écrivains et
écrivaines du Québec), il avait rédigé avec Robert Gravel le livre initial des
règlements de la LNI. |
Le réalisateur Pierre-Jean Cuillerrier
est le seul des six à s'en être tenu à un seul rôle; celui d'entraîneur qu'il a
inlassablement assumé de 1977 à 1996. Si on compte les joutes de la saison 77
qui ne sont généralement pas comptabilisées dans les statistiques officielles,
parce que les données sont fragmentaires, il vient au deuxième rang quant au
nombre de parties (165). Il a cependant le mérite d'avoir été le seul coach à se
mériter une étoile, lors de sa première conquête de la Coupe Charade en 1978. Et il est encore le seul entraîneur à avoir inscrit
son nom deux fois sur la Coupe du monde. |
Plusieurs des nombreux artistes
qui sont passés par la LNI y ont laissé leur marque et, quoique dans ce genre de
haut-lieu de la reconnaissance les places sont comptées, il y a un petit coin
qui les attends au Temple de la renommée qui sera
sans doute comblé au cours des années à venir. Et tous ceux et celles qui
sauront apporter un vent de fraîcheur et de créativité à cette institution
qu'est devenue la LNI sauront bien y accéder le moment venu. Tant pis si la
place manque... y's'tasseront ou on agrandira! |
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Avril 2001
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Sommaire des chroniques |
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