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Yves Morin est le garde-fou de la patinoire de la LNI. Du moins,
c'est ainsi qu'il m'a décrit son rôle au sein de chaque match d'improvisation…
Que doit-il surveiller en particulier ? Mais la qualité de jeu, voyons ! Car
sous son masque impénétrable d'arbitre sérieux se cache un tuteur, une personne
qui cherche tout d'abord à aider les joueurs dans leur démarche de jeu. En
intervenant lorsqu'une improvisation est menacée par un décrochage, du
cabotinage ou une rudesse, c'est un peu le côté «professeur» en Yves Morin qui
prend le dessus, avec une grande partie de l'arbitre très
expérimenté…
« L'habit ne fait pas le moine », « Il aboie plus qu'il
ne mord » : ces expressions correspondent parfaitement à l'homme derrière
l'arbitre. En effet, Yves Morin est un homme jovial et amplement heureux de sa
place privilégiée sur la patinoire : par ailleurs, aucun joueur ne pourrait lui
en vouloir après l'avoir rencontré à l'extérieur de la glace ! Son plus grand
malheur serait qu'une amitié avec un joueur soit brimée en raison d'une punition
lors d'un match quelconque : « On a un bel esprit de famille à la LNI. Les
joueurs comprennent le rôle que j'ai à jouer et c'est très bien ainsi…»
Car il n'y a pas que les punitions et les explications
(parfois époustouflantes !) lors d'un match ! Il y a aussi les moments magiques
où les joueurs sont parfaitement dans la bonne voie : Yves Morin appelle ces
instants les «moments de grâce» et ne pourrait demander un meilleur siège pour y
assister… Malgré la concentration extrême qu'il doit tenir tout au long des
matches, il ne peut s'empêcher de décrocher lors de certaines improvisations.
Par exemple, lors du deuxième match de mars, l'improvisation Variations sur une
note, avec Simon Boudreault, des Bleus, a complètement sidéré notre arbitre!
«J'étais enchanté et devenu spectateur au bout d'une minute !» Dans de tels
moments, que demander de mieux que d'être à quelques mètres des joueurs
?!
Toutefois, être arbitre n'est pas une simple tâche et
Yves Morin prend très au sérieux les fonctions qu'il a à assumer. Il arrive
toujours très reposé aux matches pour ensuite faire quelques exercices de
diction avec des chansons françaises aux mots compliqués, question de se
«réchauffer la mâchoire» ! Il ne faut pas oublier qu'il n'a pas les mêmes
responsabilités qu'un joueur : il doit être constamment à l'affût de ce qui se
passe dans le jeu. De cette façon, des échanges se créent et une certaine
dynamique est toujours au rendez-vous !
Lui-même acteur, Yves Morin a un horaire très chargé ces
temps-ci : participant à plusieurs pièces de théâtre dont Cabaret, Rent, L'hôtel
du libre-échange, la LNI demeure toutefois très importante à ses yeux.
Sérieusement, que serait un match sans un arbitre à huer (avec ou sans claques
!) ou à applaudir ? On peut donc se l'avouer : malgré nos habitudes, on aime
tout de même notre arbitre !
Émilie Fugère Stagiaire au Théâtre de la
LNI Étudiante en communication au Cégep du Vieux Montréal
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