Certaines pénalités résultent en parfaite objectivité de manquements envers diverses technicalités réglementaires: nombre de joueurs, procédures, accessoires, non respect des catégories sans paroles ou silencieuse, etc. D'autres, par contre, se fondent sur une approche subjective laissée au jugement et au discernement de l'arbitre.
Même si l'arbitre est à l'affût des abus manifestes, il lui est difficile de s'ingérer sans cesse dans l'approche qu'ont les joueurs envers le jeu. Ce jeu en est d'abord un de liberté et laisse une place immense à l'intelligence. Quoique la règle universelle voulant que la liberté de l'un se termine là où commence celle de l'autre puisse servir de principe de base, elle ne permet toutefois pas de sévir dès qu'un joueur met en échec un autre joueur . Seule la façon dont c'est fait permet de situer une approche entre le jeu "viril" et le jeu "vicieux" et il incombe alors à l'arbitre de tracer la ligne selon son degré de tolérance.
Mais est-ce que les joueurs n'ont pas également une part de responsabilité là-dedans. Il n'est pas rare de voir des joueurs complètement anéantis après une partie parce qu'ils se sont fait "couper" en pleine écriture ou qui se sentent dépossédés parce qu'ils ont l'impression d'avoir été victimes d'un détournement d'impro à la suite de l'arrivée de nouveaux joueurs. Car c'est principalement là que le bat blesse: dans l'intervention de nouveaux arrivants dans une impro. |
Que des joueurs se faisant face dès le départ de l'improvisation (peu importe le nombre) rivalisent résolument et négocient l'histoire de façon énergique c'est tout à fait sain, normal et même spectaculaire. Mais lorsque le coup est asséné par un joueur qui débarque soudainement du banc, souvent dans le dos, c'est parfois difficile à prendre pour le joueur qui a préparé son envol et s'apprêtait à décoller.
La notion d'écoute tant galvaudée ne doit pas se limiter à l'aire de jeu. Elle doit être considérée primordiale même sur le banc et ne jamais relâcher, même au moment de la décision de "sauter" car une information a pu être donnée qui a déjà amené l'histoire ailleurs. On ne me fera pas croire que lorsque, sur le banc, on ne cesse de "caucusser" et de préparer des scénarios en commun on est en situation d'écoute.
L'intervention de nouveaux joueurs dans une improvisation déjà en marche demeure un des aspects les plus délicats de ce jeu et seule une éthique définie par les joueurs eux-mêmes, entre eux, peut tracer la ligne entre "apport au jeu" ou "agression".
Là comme ailleurs, il ne doit pas se créer de dogme en la matière mais un questionnement positif s'imposera toujours. Ne serait-ce que pour enlever à l'arbitre un rôle de Père Fouettard qu'il ne devrait pas être obligé d'assumer.
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