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L'impropos 2000-2001


Les thèmes: difficultés et pièges

Un thème d'improvisation comporte plusieurs caractéristiques visant à stimuler l'imaginaire et le jeu des improvisateurs. Le titre en est une mais les autres composantes sont essentielles et doivent être établies en fonction du titre de façon à bien circonscrire le niveau de jeu ou de développement souhaité.

Les spécifications de nature (mixte ou comparée), de catégorie, du nombre de joueurs (imposé ou illimité) et de durée servent à préciser l'approche ou la façon dont la thématique peut être abordée. Ceci afin de provoquer des styles et des niveaux de jeu différents afin que les improvisations ne soient pas toujours pareilles.

Le principe étant - en théorie - que les joueurs professionnels peuvent tout faire et qu'ils ont développé une virtuosité à toute épreuve qui va bien au delà de la faculté d'aligner réplique sur réplique dans un délire verbeux et insignifiant. On attend d'eux qu'ils soient en mesure de créer, par l'écriture, la culture et la maîtrise du jeu d'acteur, des histoires, des personnages et des situations intéressantes sinon spectaculaires. Si l'improvisation théâtrale se veut être du théâtre, il faut que les joueurs puissent démontrer talent(s) et virtuosité.

Les thèmes d'improvisation ne proposent pas des pièges mais des défis qu'on aime voir relevés, le plus souvent possible avec panache et brio. Les professionnels devraient, selon moi, faire la démonstration de leur maîtrise du médium justement lorsqu'un thème présente un certain degré de difficulté. Que ce soit dans la durée, la catégorie ou le nombre imposé de joueur. Sans paroles, chantée, en rime ou avec style, les improvisateurs chevronnés devraient présenter au public un art poussé au summum du raffinement. Que ce soit en solo, à trois ou à douze, une équipe professionnelle devrait pouvoir répondre à toutes les commandes.


Impro; réflexions et analyses, Leméac Éditeur, Montréal 1987, coll. théâtre no. 167Ce n'est pas vrai que l'impro c'est n'importe quoi, comme ça vient… advienne que pourra! L'improvisation est un art et un réflexe qui se développe. Dans un des livres écrit par Robert Gravel et moi-même, une citation de Louis Jouvet, tirée de ses témoignages sur le théâtre, coiffe un des chapitre : «Même l'improvisation ne s'improvise pas. Elle est un résultat.»  Résultat qui repose, bien évidemment, sur un effort déjà accompli.

Si des improvisateurs sont incapables de jouer une improvisation chantée (en solo, à deux ou à 12), si des improvisateurs sont incapables d'assumer une impro de 16 minutes, si des improvisateurs sont incapables de jouer sans paroles pendant 3 minutes, ce n'est pas vrai qu'il faut adapter le barillet, comme on l'entend dire parfois, en excluant les catégories ou en limitant les impros à moins de 10 minutes. Non, il faut seulement changer les improvisateurs. J'en connais qui sont capables, j'ai eu la chance de les voir à l'œuvre.
 
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